Élections municipales : le scrutin municipal « compromis » selon l’Union des municipalités du Québec

Plusieurs organismes craignent que la grève en cours chez Postes Canada compromette l’exercice démocratique de millions de citoyens au Québec lors de cette période d’élections municipales.

C’est le cas notamment de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), qui demande au gouvernement fédéral et au Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) de s’entendre rapidement pour faire reconnaître la distribution des cartons d’avis électoraux comme un service postal essentiel.

 » Cette grève de la poste ne doit pas prendre la démocratie municipale en otage. Chaque élection repose sur un principe fondamental : l’égalité d’accès à l’information.

Or, pour des milliers de citoyens, le carton d’avis demeure le principal, voire le seul canal d’information sur la tenue du scrutin. En période électorale, la distribution postale ne peut être reléguée au rang de service accessoire. Il s’agit d’un levier démocratique essentiel « , déclare Guillaume Tremblay, président de l’UMQ et maire de Mascouche.

Service essentiel

 » La grève de Postes Canada risque d’entraîner des répercussions importantes sur la transmission de l’information aux électeurs, notamment en ce qui concerne la vérification des inscriptions sur la liste électorale et la réception des cartes de rappel « , explique de son côté Alexandre Doucet-McDonald, président d’élection pour la ville de Saint-Basile-le-Grand.

Il précise qu’à cet égard, la Corporation des officiers municipaux du Québec (COMAQ) a récemment transmis deux lettres, le 29 septembre 2025.

L’une au Conseil du Trésor du Canada, pour demander que le courrier électoral soit reconnu comme service essentiel, au même titre que les chèques de pension, dont la distribution se poursuit malgré la grève.

L’autre à Élections Québec afin de prolonger l’inscription sur la liste électorale permanente (LEP) jusqu’au jour du scrutin, réactiver la fonction de vérification d’inscription en ligne sur son site Web et lancer une campagne publicitaire nationale afin de rediriger les électeurs vers la plateforme numérique, ce qui contribuerait à réduire la pression sur les municipalités.

  » Pour notre part, nous sommes actuellement en attente d’une directive officielle d’Élections Québec « , précise M. Doucet-McDonald.

Des conséquences concrètes

Selon la loi sur les élections, les municipalités de 20 000 habitantes et habitants et plus ont l’obligation légale de faire distribuer les cartons d’avis électoraux. L’absence de distribution compromettrait directement le bon déroulement du scrutin du 2 novembre prochain pour près de 6 millions de citoyennes et citoyens, soit 66 % de la population.

 » La grève compromet également la distribution des trousses de vote par correspondance, un service crucial pour les électeurs non domiciliés « , mentionne un communiqué de l’UMQ.