Exo : la réaction des maires
Les maires de Saint-Basile-le-Grand, Sainte-Julie et Saint-Bruno-de-Montarville réagissent au plan de contingence prévu par exo pour le transport collectif, dont l’abolition de lignes d’autobus.
« En ce moment, la situation pour le transport en commun, en général, elle est glauque. Elle n’est vraiment pas ce que nous souhaiterions qu’elle soit », commente la mairesse de Saint-Basile Kim Méthot.
Selon les informations rapportées, le scénario présenté aux élus métropolitains prévoit des compressions récurrentes de 19 M$. Celles-ci pourraient se traduire par une réduction d’environ 10 % de l’offre de service dès l’été 2028, notamment par l’annulation de départs et le retrait de certaines lignes locales ou régionales.
Kim Méthot
En entrevue, Kim Méthot évoque le taux de population de la Vallée-du-Richelieu, qui s’est bonifié depuis les dernières années alors que le transport en commun est resté stagnant. « Le transport ne semble pas trop avoir bougé depuis ce temps. Nous avons des besoins de plus en plus grands, et là, on nous annonce des coupes parce que l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) impose des coupures à exo. C’est malheureux », insiste Kim Méthot.
Elle évoque son impuissance devant la situation avec laquelle les maires et mairesses de la couronne sud, et de la couronne nord, sont confrontés. « J’ai beaucoup de déception envers l’ARTM pour les choix qui sont faits. J’ai l’impression que nous sommes dans une impasse en ce moment. Il faut trouver de nouvelles approches, avoir une réflexion plus globale et faire payer ceux qui créent le besoin du transport collectif. On ne se le cachera pas, 80 % du transport collectif se déroule aux heures de pointe. Les gens l’utilisent pour aller travailler, pour aller étudier. Je ne comprends pas qu’en 2026, les institutions et les entreprises ne contribuent pas au financement du transport collectif à même un pourcentage de leur marge salariale, comme ça se fait notamment en Europe. Ça ne semble même pas envisagé! »
Mario Lemay
Pour le maire de Sainte-Julie, Mario Lemay, ce dossier dépasse les frontières de Sainte-Julie. C’est un sujet qui concerne l’ensemble des régions québécoises qui cherchent à proposer des options à la voiture et à soutenir leur développement économique. Selon lui, investir dans le transport collectif n’est pas une dépense, mais un investissement dans la qualité de vie de la population. Rappelons que M. Lemay est représentant élu de la couronne sud au conseil d’administration d’exo. « Je suis préoccupé par l’éventualité de réductions de services dès 2027. Les citoyens de Sainte-Julie et de l’ensemble de la couronne sud ont besoin d’un réseau de transport collectif pour se rendre au travail, à leurs études, à leurs rendez-vous et à leurs activités quotidiennes. La réalité de notre territoire a beaucoup évolué au cours des dernières années. Notre population est en forte croissance, les emplois se multiplient et les déplacements se font de plus en plus à l’intérieur même de la couronne sud. Pourtant, on nous demande aujourd’hui d’envisager des coupes de services dans un contexte où la congestion routière ne cesse de s’aggraver », déplore Mario Lemay, qui rappelle que les municipalités assument déjà une part importante du financement du transport collectif et prennent leurs responsabilités. « Cependant, elles ne peuvent pas, à elles seules, compenser le désengagement du gouvernement du Québec. Sans un financement stable, nous risquons de devoir approuver des mesures de contingence qui affecteront directement les usagers, qu’il s’agisse des travailleurs, des étudiants, des aînés ou des personnes qui utilisent le transport adapté », ajoute le maire.
Ludovic Grisé Farand
De son côté, le maire de Saint-Bruno, Ludovic Grisé Farand, estime qu’il est trop tôt pour réagir. « Il est trop tôt pour commenter les impacts précis des changements de service envisagés par exo, puisque ceux-ci ne sont pas encore déterminés. Plus largement, il est essentiel que le Québec se dote d’un financement stable, prévisible et récurrent du transport collectif afin de maintenir et de développer une offre accessible et adaptée aux besoins des citoyens », répond M. Grisé Farand.
Ainsi, c’est avec cette perspective que le conseil municipal de Saint-Bruno doit adopter, lors de sa séance régulière de septembre, une résolution demandant aux partis politiques québécois de s’engager à améliorer le financement du transport collectif. Cette séance est au calendrier ce mardi 22 septembre.
Que dit exo?
Contactée par le journal pour savoir si les usagers de Saint-Basile, Sainte-Julie et Saint-Bruno pourraient se voir affecter par ces coupes, exo souligne que son conseil d’administration n’a pris encore aucune décision. « En l’absence d’une confirmation du financement requis, le conseil pourrait être appelé à prendre une décision difficile dans le meilleur intérêt d’exo, en conformité avec ses responsabilités de saine gestion des fonds publics.
Le conseil d’administration devra se prononcer sur un plan de contingence qui lui sera présenté lors de sa séance d’octobre », dit la porte-parole d’exo, Caroline Labelle.

