Sainte-Julie: Erwann K. et Carine Génadry exposent leurs oeuvres

Le photographe Erwann K. a pensé à Carine Génadry, artiste peintre impressionniste, lorsqu’il s’est fait proposer une exposition en duo à la bibliothèque de Sainte-Julie. 

À première vue, les œuvres des deux artistes se ressemblent très peu. La démarche et le travail qui se cachent derrière chacune d’elles sont remplis de similitudes. « Carine et moi, on se rejoint beaucoup dans la superposition, et ce, même si le médium et les sujets sont complètement à l’opposé ». Un constat partagé par Carine. « C’est beau de voir toutes nos similitudes dans autant de différences ».

Alors qu’Erwann K. expose une collection d’œuvres portant sur le patrimoine, l’architecture et l’histoire de Montréal, Carine Génadry exprime ses intuitions et ses ressentis à travers sa matière première : les plantes.

Quitter Montréal

En 2018, l’artiste, qui a quitté Montréal pour Saint-Calixte, dans la région de Lanaudière, a dépoussiéré une plaque de gel reçue en cadeau. D’essais en erreurs, Carine a développé une technique bien à elle d’impression des plantes sur ses tableaux en travaillant avec de l’acrylique à séchage lent. « J’avais vu plein de vidéos qui utilisaient les plaques de gel pour le scrapbooking et ça ne me parlait pas du tout. »

Quelque chose est venu éveiller la créatrice en elle lorsqu’elle a observé un artiste qui utilisait cet outil pour réaliser des impressions. « C’est arrivé au bon moment. J’étais à un endroit dans ma vie où j’étais prête à reprendre la création », mentionne l’artiste qui, pendant près d’une quinzaine d’années, a laissé ses pinceaux de côté pour enseigner les arts.

Erwann K. a une histoire similaire. Il a, lui aussi, travaillé sa technique, qui lui est propre, de manière autodidacte. Ayant découvert la photographie à l’adolescence, l’artiste a débuté sa carrière en exposant des photos de ses voyages, notamment, sans superposition. Voyant que ses clichés n’attiraient pas les regards comme il le souhaitait, il a voulu faire les choses autrement pour inviter les spectateurs à observer ses œuvres. « Avec les nouvelles technologies, j’ai pu adapter les chambres noires à notre époque », mentionne-t-il. 

Le photographe produit entre trois et neuf calques, qu’il superpose par la suite. « Je veux que les gens voient l’œuvre au premier abord, puis que l’œil découvre les différentes photos et redécouvre des endroits sous un angle différent », précise-t-il. 

« C’est beau de voir toutes nos similitudes dans autant de différences. » – Carine Génadry

Des heures de travail

Pour arriver au rendu final, Erwann K. passe d’abord des heures à vélo ou à pied pour photographier ce qui l’inspire. « Je quitte toujours sans idée précise de ce qui se trouvera sur mon chemin. Je me laisse émerveiller par le moment présent ou l’éclairage à un certain endroit. » À son retour chez lui, un travail d’essais et d’erreurs commence pour sélectionner, parmi les centaines de photos, celles qui composeront le résultat final. Si, en moyenne, ce processus s’échelonne sur une quinzaine de jours, l’une de ses œuvres lui a pris près de six mois à réaliser puisqu’il désirait mettre en contraste l’automne et l’hiver. « Pour ce projet, c’est vrai que je me suis pris un peu la tête. Je devais attendre la bonne journée où la neige est blanche. »

Carine Génadry doit, elle aussi, se laisser imprégner de l’environnement pendant des heures pour cueillir les fleurs et les plantes qui reproduiront les textures et les formes qu’elle désire mettre de l’avant. « Je me suis toujours mieux sentie dans la nature qu’en ville », admet-elle. Une fois les plantes sélectionnées, elle travaille sur leur impression sur deux papiers. L’un produira un négatif (le contour) et l’autre, le positif (l’intérieur) des éléments végétaux. Elle peindra par la suite le sujet qui l’inspire.

Des coups de cœur 

Pour l’artiste peintre impressionniste, la toile intitulée 3600 km seconde est l’un de ses coups de cœur de l’exposition à Sainte-Julie, notamment en raison des couleurs et de la liberté qu’elle s’est offerte dans son travail. « Je me suis permis plus de sacrifices et une plus grande liberté dans mes gestes. »

Pour Erwann K., l’œuvre Adrénaline lui est spéciale. Il s’agit d’une vision de Montréal, où il a habité de nombreuses années depuis son arrivée au Québec, mais du point de vue de la Rive-Sud, où il a déménagé. La série de trois photos lui a valu plusieurs prix.

Carine Génadry attend toujours la réponse de plusieurs appels d’offres sur la Rive-Sud, où elle expose la plupart du temps, pour les mois à venir. Erwann K. a, pour sa part, un été déjà très rempli avec diverses expositions à Saint-Jean-sur-Richelieu, à Boucherville, à Varennes et à Brossard. L’exposition Ville-train d’union-nature, à la bibliothèque de Sainte-Julie, est accessible à tous jusqu’au 21 mars prochain.