Chronique histoire : histoire d’eaux à Sainte-Julie
Pendant plus d’un siècle, les résidents de Sainte-Julie ou du Grand Côteau, territoire enclavé sans accès à un cours d’eau, ont été confrontés à un problème d’approvisionnement en eau potable.
Le problème s’est amplifié radicalement quand le développement domiciliaire a été lancé à vitesse grand V avec l’arrivée de l’autoroute 20, sans qu’un apport en eau suffisant n’ait été assuré aux nouveaux résidents.
La solution définitive ne viendra qu’avec les réalisations de la Régie des services d’eau de Varennes, en 1982, et les agrandissements subséquents en 1990 et 2002.
Pour tenir compte des trois municipalités participantes, le nom de la régie deviendra, en 1990, Régie intermunicipale de l’eau potable (RIEP).
On raconte que les premiers résidents, faute de puits de qualité et en quantité suffisante, devaient venir chercher leur eau au mont Saint-Bruno en charrette tirée par des chevaux et emprunter le chemin du Fer-à-Cheval et le rang des Vingt-Cinq. Une tâche longue et périlleuse.
Quatre ruisseaux descendent du mont Saint-Bruno. Pour s’y rendre, ces vaillants colons devaient contourner en été un marécage dans la zone qui correspond aujourd’hui à la rue Jacquelin-Beaulieu, car le poids des barils pleins faisait s’enfoncer les charrettes.
Parmi les premiers éléments de solution à citer, nous retenons l’année 1905, alors que le maire Louis Beauchemin (1850-1924) accorde à Alexis Chicoine (1862-1937) un permis d’exploitation pour un aqueduc privé couvrant le village de Sainte-Julie, qui compte alors environ 200 familles. On devine l’emplacement du réservoir sur la photo jointe, à proximité de l’église. La stratégie appliquée est de stocker avant de distribuer.
En 1950, sous Anatole Dalpé (1904-1995), alors maire de Sainte-Julie, une vaste étude est lancée pour examiner l’implantation d’un système de protection contre les incendies.
En 1967, on lance la construction des laboratoires d’Hydro-Québec IREQ (Institut de recherche en électricité du Québec) à Varennes (inaugurée en 1970). Cette construction est à l’origine du réservoir cylindrique qui est situé en bordure du viaduc du boulevard Lionel-Boulet, qui enjambe l’autoroute 30. Hydro-Québec en aurait fait une condition pour aller de l’avant avec l’emplacement de ses laboratoires. Ce réservoir est d’abord alimenté par une conduite d’eau de 10 pouces (250 mm), ce qui nous permet de deviner le trajet des conduites qui alimentent aujourd’hui Sainte-Julie à partir du fleuve à Varennes, car la Régie des services d’eau de Varennes y ajoutera en parallèle, en 1982, une deuxième conduite de 18 pouces (450 mm).
En 1972, alors que Roland St-Pierre est maire (1929-1987), on développe le premier plan directeur pour les eaux d’aqueduc et des égouts. Et on ajoute une conduite de 10 pouces entre le réservoir et l’entrée nord de Sainte-Julie, qui compte 2500 citoyens. Sainte-Julie achète son eau de Varennes. L’usine de Varennes n’a absolument pas la capacité d’approvisionner la croissance explosive de population de Sainte-Julie.
Suivra de façon fondamentale et essentielle la création de la Régie des eaux, en 1980, avec Varennes et Sainte-Julie comme entités participantes : puis la construction de l’usine de Varennes et de ses composants, l’ajout d’une prise d’eau de 48 pouces et l’ajout des conduites d’eau, le tout en 1981 et 1982. Voici quelques données sur les installations initiales : les deux prises d’eau sont à 40 pieds de profondeur (15 mètres) et situées à 2000 pieds (600 mètres) dans le fleuve. On retiendra le caractère visionnaire de cette installation dont la capacité de captation actuelle suffit à répondre aux besoins et est encore celle initialement planifiée, soit de 460 litres par seconde.
De 1980 à 1984, beaucoup de travail est abattu par cette équipe à la mairie sous Normand Larin (1940- 2009). On gèle tout nouveau développement jusqu’à ce que les services essentiels soient mis en place. On réalise des ouvrages pour le traitement des eaux usées. C’est aussi l’époque des réalisations de la Régie des services des eaux de Varennes, moment charnière dans la consolidation des services actuels.
Le premier avril 1980, les élus de Varennes et de Sainte-Julie conviennent de la création d’une Régie intermunicipale de l’eau.
La nouvelle administration deviendra pour Sainte-Julie : Normand Larin, maire, avec Alain Leclerc et Léonard Bolduc, conseillers municipaux; pour Varennes : Louis Philippe Dalpé (1919-2011), maire, avec Roland Dion et Nicole Jarry. Saint-Amable se joindra au projet en 1984, ce qui permet d’alimenter au passage le secteur Belle-Rivière-De-Touraine. Du côté génie civil, en 1982, on redresse le détour du chemin du Fer-à-Cheval devant la rue Jacquelin-Beaulieu pour augmenter la fluidité de la circulation vers Saint-Bruno via le rang des Vingt-Cinq. Pendant cette période, la ville passe de 9300 à 12 500 citoyens.
La suite du texte paraîtra dans la chronique d’histoire du mois d’août.

