Le Communautaire à boutte! : la Montérégie ne lâche pas
Une mobilisation nationale a eu lieu, le 8 juin dernier, afin de déposer une motion de blâme au bureau de circonscription de la première ministre du Québec, Christine Fréchette, à Saint-Constant.
L’événement, intitulé Ce n’est qu’un au revoir, se voulait une ultime tentative de négociation avec le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) avant la fin de la session parlementaire, dans l’espoir d’obtenir un meilleur financement. Des représentants d’organismes communautaires de la Montérégie-Ouest, de la Montérégie-Centre et de la Montérégie-Est avaient déjà pris part à des rassemblements au même endroit, respectivement les 11 et 25 mai ainsi que le 1er juin.
Cette fois, plus de 500 personnes venant d’une centaine d’organismes communautaires de partout au Québec se sont rassemblées en fin de matinée devant les bureaux de la première ministre Fréchette au 55, rue Saint-Pierre à Saint-Constant. « Il y avait des participants venant d’une bonne dizaine de régions de la province, relate Caroline Chartier, coporte-parole du mouvement Le communautaire à boutte! Des actions se sont également déroulées partout au Québec pour ceux et celles qui ne pouvaient pas se déplacer. » Maud Lefebvre, directrice de la Maison des jeunes (MDJ) de Sainte-Julie et porte-parole du mouvement en Montérégie, était présente avec une quinzaine d’autres représentants de maisons de jeunes de la région ainsi qu’avec des membres de la Maison de l’Entraide de Sainte-Julie. « Les participants se sont rassemblés sur un terrain vacant situé à environ un kilomètre des bureaux de la première ministre. Nous avons marché pour aller déposer une motion de blâme devant ses bureaux. Un discours a ensuite été prononcé avant que nous reprenions la marche jusqu’au lieu de rassemblement initial », relate-t-elle.
« Ce que nous réclamons depuis le début, c’est une table de négociation (…) » – Maud Lefebvre
Motion de blâme
Née de l’exaspération du milieu communautaire face à l’absence de dialogue avec le gouvernement du Québec, la motion de blâme symbolique déposée le 8 juin dénonce, entre autres, le sous-financement des organismes communautaires qui doivent répondre à une hausse constante des besoins sociaux sans disposer des ressources requises pour y faire face.
Le document soutient que cette situation entraîne l’épuisement du personnel du milieu communautaire et fragilise les services offerts aux personnes qui en ont besoin. La motion critique également le refus du gouvernement et de la première ministre Fréchette de rencontrer les représentants du milieu communautaire afin de discuter de leurs revendications.
Refus de dialoguer
Soulignons que le 28 avril dernier, des représentants du mouvement avaient rencontré des membres du cabinet de la première ministre ainsi que de celui de Chantal Rouleau, ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire. Ils réclamaient la mise en place d’un fonds d’urgence pour éviter d’éventuelles fermetures d’organismes ainsi que la création d’une table de négociation.
« On s’est permis, lors de cette rencontre, de déposer nos revendications, mais nous avons fait également preuve d’une grande ouverture en proposant des pistes de solution pour établir un plan d’urgence qui pourrait répondre en partie aux besoins des organismes communautaires, explique Mme Chartier. Mais depuis, nous n’avons reçu aucune réponse de personne, et ce n’est pas faute d’avoir réitéré notre volonté d’établir une communication. »
« Ce que nous réclamons depuis le début, c’est une table de négociation, rappelle Mme Lefebvre. Il est certain que nous souhaiterions également que les candidats incluent dans leurs promesses électorales des actions concrètes pour soutenir les organismes communautaires. »
D’autres actions à venir
D’ici l’automne, des tentatives de rencontres seront faites auprès de députés et de candidats en campagne électorale dans différentes régions de la province. Mme Chartier précise que si aucun dialogue ne s’amorce avec le gouvernement, un rassemblement national se tiendra à Trois-Rivières le 15 septembre 2026. « Mme Fréchette vient de cette ville. Il est donc symbolique d’y tenir notre rassemblement le jour du débat des chefs », souligne-t-elle.
Rappelons que le mouvement Le communautaire à boutte! est une vaste mobilisation nationale des organismes communautaires autonomes du Québec, amorcée en Mauricie. Une grève d’envergure a notamment été menée du 23 mars au 2 avril 2026. Il milite notamment pour faire reconnaître le rôle essentiel du milieu communautaire et revendique des conditions de travail décentes et un meilleur financement.


