Montérégie : Le communautaire à boutte! se mobilise
Dans la continuité du mouvement Le communautaire à boutte!, plusieurs organismes de la Montérégie se réuniront, le 1er juin prochain, devant les bureaux de la première ministre du Québec, Christine Fréchette.
Des représentants d’organismes communautaires de la Montérégie-Est, incluant les MRC des Maskoutains, de Marguerite-D’Youville et de Pierre-De Saurel, se réuniront de 11 h à 13 h devant les bureaux du 101, rue Saint-Pierre, à Saint-Constant. La Maison de l’Entraide, la Maison des jeunes, ainsi que le Centre de femmes Entre Ailes seront entre autres présents.
Il s’agit de la dernière mobilisation du mouvement Le communautaire à boutte! avant la période électorale. Des organismes de la Montérégie-Ouest et de la Montérégie-Centre avaient déjà pris part à des rassemblements devant les bureaux de Mme Fréchette, respectivement les 11 et 25 mai derniers.
Obstacles au financement
Les organismes espèrent cette fois obtenir une vraie table de négociation avec le gouvernement. Parmi leurs cinq revendications, le financement adéquat de leur mission demeure au cœur des demandes. « Il faut cesser les appels d’offres complexes, affirme Luz Ibarra, agente de développement à la Corporation de développement communautaire (CDC) de Marguerite-D’Youville.
Il existe un financement de base selon le type d’organisme, mais il faut aller chercher aussi d’autres subventions auprès de plusieurs ministères tels que celui de la Famille, de la Culture ou de la Santé et des Services sociaux. Ce processus laborieux épuise les équipes déjà débordées et souvent peu nombreuses, ce qui est une réalité dans notre MRC. »
La directrice de la Maison des jeunes de Sainte-Julie, Maud Lefebvre, souligne également que les appels de projets représentent une source d’irritation. « Ils doivent être innovants, ce qui n’est pas toujours possible selon nos besoins. À titre d’exemple, pour renouveler un financement échu pour de l’aide aux devoirs, je dois déposer une autre demande pour maintenir ce service. Mais je me fais répondre que le projet a déjà existé, alors qu’il s’agit d’un besoin récurrent pour mes jeunes. C’est un non-sens », déplore-t-elle.
Mme Lefebvre mentionne que la Ville de Sainte-Julie offre un soutien précieux à son organisme, mais que ce n’est pas le cas de toutes les municipalités. Certaines ne consacrent aucune part de leur budget au soutien communautaire ou n’en font pas une priorité. Elle rappelle également que plusieurs organismes doivent assumer des frais de location ou d’hypothèque, en plus des coûts liés à l’énergie et à l’entretien du bâtiment.
Conditions qui se dégradent
Les organismes réclament aussi de meilleures conditions de travail et des salaires plus décents pour leurs employés. Selon Mme Ibarra, les besoins en soutien communautaire ont augmenté depuis la pandémie de COVID-19, tandis que plusieurs employés quittent le milieu par épuisement.
« On fait toujours plus avec moins, mais avec le coût de la vie qui augmente, ça ne fonctionne plus. Dans le communautaire, les travailleurs donnent énormément de leur temps, bien au-delà de leur horaire régulier », souligne-t-elle. Elle rappelle également que les employés du milieu communautaire, composés à 80 % de femmes, ont eux aussi besoin des services offerts par des organismes pairs.
Une plus grande autonomie
Les organismes demandent par ailleurs une meilleure protection du modèle communautaire ainsi qu’une plus grande autonomie budgétaire. « Certains organismes font partie de l’Action communautaire autonome (ACA). Il arrive que l’on obtienne du financement, mais avec des conditions imposées, comme des heures d’ouverture qui ne correspondent pas à la réalité ni aux besoins de notre organisme » précise Mme Lefebvre.
Une solidarité régionale
Mme Ibarra affirme avoir été impressionnée par la solidarité démontrée par les organismes de la MRC de Marguerite-D’Youville. « Les gens se sont mobilisés et étaient heureux de le faire. C’est la première fois qu’une aussi grande proportion d’organismes de la MRC s’unit, avec une quarantaine de participants venant de 18 organismes », souligne-t-elle.
Rappelons que le mouvement Le communautaire à boutte! est une vaste mobilisation nationale des organismes communautaires autonomes du Québec, amorcée en Mauricie. Une grève d’envergure a notamment été menée du 23 mars au 2 avril 2026 afin de réclamer de meilleures conditions de travail et un financement adéquat.
Le conseil de la MRC de Marguerite-D’Youville, incluant les villes de Sainte-Julie et de Saint-Bruno-de-Montarville, a notamment adopté des résolutions dénonçant le sous-financement du milieu communautaire et réclamant un soutien stable pour ces organismes essentiels. À l’Assemblée nationale, l’appui au milieu communautaire s’est également traduit par l’adoption unanime d’une motion déposée par le Parti québécois le 24 mars 2026.
