Sainte-Julie : des cinéastes en herbe récompensés
Des élèves de l’école secondaire du Grand-Coteau, à Sainte-Julie, ont récemment présenté leurs courts métrages dans le cadre du concours Silence, on tourne!.
Initié en 2022 par l’enseignante en court métrage Nathalie Lachance, le concours s’est déroulé en collaboration avec les enseignants d’arts plastiques et multimédia, d’histoire du 20e siècle et d’éducation financière. Le jury et le public ont ainsi pu visionner, le 5 mai dernier à la salle Maurice-Savaria, une quarantaine de courts métrages réalisés par 90 élèves de 3e et de 5e secondaire. Leurs œuvres devaient notamment durer entre trois et six minutes, excluant le générique, et les équipes de production ne pouvaient compter plus de six élèves.
Le concours regroupait quatre catégories, soit Animation, Publicités, Documentaires et Courts métrages. Nouveauté cette année, les prix Coup de cœur du jury et Coup de cœur du public ont été ajoutés. Le jury était composé de membres du personnel de l’école ainsi que de l’acteur et réalisateur julievillois Raphaël Lacaille, qui a d’ailleurs été étudiant de Mme Lachance.
« Pour réaliser leurs courts métrages, les élèves disposaient d’équipements fournis dans le cadre de mon cours, soit des caméras, un écran vert et des logiciels de montage accessibles sur leurs ordinateurs portables, mentionne Mme Lachance. Ils ont pu mettre en pratique les techniques de préproduction, de montage, de découpage technique et de tournage apprises durant l’année. »
Plusieurs styles de production étaient acceptés, dont l’action, la comédie, le drame, l’horreur, le suspense, le fantastique, la science-fiction et le documentaire. Les élèves pouvaient également explorer des genres plus créatifs, comme le documensonge, la parodie ou le cinéma expérimental.
Un court métrage remarqué
Parmi les productions qui ont retenu l’attention lors de la soirée, le court métrage Choses étranges s’est particulièrement démarqué en remportant à la fois le premier prix du jury et le prix Coup de cœur du public.
Le projet a été imaginé par Antony Gauthier Nemer avec l’aide de ses camarades Charles Pelletier, Olivier Quesnel et Justin Trottier. Les cinéastes en herbe se sont inspirés de la populaire série de science-fiction américaine Stranger Things, diffusée sur Netflix, dont l’action se déroule dans les années 1980.
Amateur de musique et d’objets rétro, Antony souhaitait depuis longtemps réaliser un projet inspiré de cette époque. « Une amie m’a conseillé d’écouter la série, que j’ai adorée. J’ai proposé à mes coéquipiers d’en faire une petite parodie et ils ont tout de suite embarqué dans le projet », raconte-t-il. Le scénario met en scène un élève qui se rend à l’école avant d’être enlevé par une mystérieuse créature.
L’équipe a eu comme défi de rendre le plus fidèlement possible l’ambiance des années 1980. « Les scènes extérieures étaient parfois complexes à tourner, car il fallait éviter que des voitures modernes apparaissent lors de nos scènes de tournage », explique-t-il.
Le montage du court métrage a été assuré par Charles Pelletier, qui estime y avoir consacré plus de 50 heures. Le film, qui durait à l’origine dix minutes, a dû être réduit à six pour suivre les règlements du concours. « J’ai réalisé les effets spéciaux à l’ordinateur et j’apprenais en même temps.
Ce fut un énorme défi de recréer les effets visuels liés au « monde à l’envers » et aux monstres sans utiliser de fond vert. Pour une scène de cinq secondes, ça m’a parfois pris une heure et demie de travail. » Selon Antony, les membres de l’équipe retiennent surtout le plaisir d’avoir travaillé ensemble sur un projet créatif inspiré d’un univers qu’ils apprécient particulièrement.
D’autres catégories primées
Cloée Ouimet, Sarah Laplante et Melina Louanchi ont quant à elles remporté le premier prix dans la catégorie Courts métrages d’animation avec leur réalisation L’harcèlement scolaire. Leur projet, qui a nécessité une quinzaine d’heures de travail, a demandé beaucoup de minutie et de patience.
« Nous avons utilisé du papier pour créer des formes que l’on juxtaposait sur un fond noir. Il a fallu découper et colorier des tableaux pour créer les scènes, qu’il fallait filmer une à une sans que rien ne bouge afin que le résultat soit fluide », raconte Cloée. L’idée leur est venue parce qu’il s’agit d’un problème bien présent dans le milieu scolaire et que les adolescentes souhaitaient faire de la sensibilisation.
C’est le court métrage Jamy automobile, réalisé par Gabriel Boutin, Olivier Cloutier, Félix Giroux et Sabyan Mercier, qui a remporté la première place dans la catégorie Publicités. Les élèves du cours d’éducation financière devaient présenter un produit ou un service.
« Moi et un de mes coéquipiers sommes passionnés de voitures et nous nous sommes dit que ce serait comique de prendre comme service un garage mettant en vedette un mécanicien et d’en faire une parodie », explique Félix.
Inspiré de la série Web populaire Joe le mécano, diffusée sur YouTube, leur scénario met en vedette un pseudo-mécanicien qui répare des voitures dans son garage à la maison. Félix incarne d’ailleurs le personnage principal de cette fausse publicité.
Au-delà de la compétition, la soirée Silence, on tourne! a permis aux élèves de mettre en valeur leur créativité en équipe et leurs connaissances techniques. On peut visionner les courts métrages sur YouTube.


