Sainte-Julie : des travaux de remblai qui suscitent des inquiétudes
Plusieurs citoyens ont assisté à une séance d’information à l’hôtel de ville de Sainte-Julie afin d’obtenir l’heure juste sur des travaux de remblai prévus sur un terrain autrefois utilisé comme dépotoir.
La rencontre du 26 mai a été organisée par la Ville de Sainte-Julie à la suite de préoccupations de citoyens, autour de futurs travaux de remblai dans leur secteur, qui en avaient fait part lors du conseil municipal du 12 mai dernier.
Rappelons qu’à la suite d’un jugement de la Cour d’appel rendu en septembre 2024, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) a exigé le recouvrement du site appartenant à Gilles Pépin. En mai dernier, la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a autorisé les travaux, qui doivent être complétés au plus tard le 31 mars 2028.
Il restait à la Ville à octroyer un permis, ce qui a été finalement fait en vertu du Règlement municipal 1104 sur les permis et les certificats, a indiqué dans un courriel Camille Richard, porte-parole de la Ville de Sainte-Julie.
Une première phase
Lors de la présentation, le directeur du Service de l’urbanisme de la Ville, Pierre-Luc Blanchard, a expliqué que la première phase des travaux touchera trois secteurs où des débris sont toujours présents. Elle couvrira environ 5 des 28 hectares visés par l’autorisation de la CPTAQ et nécessitera l’apport d’environ 27 000 m³ de remblai. « Cela représente plus ou moins 2 700 camions de 10 m3 pour cette phase-là, mais ils peuvent être de plus grande dimension aussi », a-t-il expliqué.
Il mentionne que les camions devront accéder au site en empruntant l’A20 puis la montée des Quarante-Deux avant de tourner sur la rue Principale, puisque des travaux majeurs de réfection débuteront sous peu au coin de la rue Principale et du chemin du Fer-à-Cheval.
Une obligation légale
Prenant la parole au nom de son client, Me Alain Longval a rappelé que les travaux ne résultaient pas d’un simple projet de remblai, mais d’une obligation imposée par les autorités environnementales. « Oui, je suis l’avocat de M. Pépin, mais il a une obligation de remettre les lieux en état. S’il ne le fait pas, il est responsable en vertu de la loi » , a-t-il expliqué.
L’avocat a également souligné que le délai accordé par la CPTAQ était beaucoup plus court que celui demandé initialement et qu’il fallait débuter les travaux rapidement. « Celui qui est au bâton ici, c’est mon client, M. Pépin. Il a deux ans pour faire tout en son possible », a-t-il ajouté.
Aucun échéancier précis
Des citoyens ont déploré l’absence d’un calendrier détaillé des travaux. « J’apprécie l’approche de se parler. Mais si vous avez hâte de commencer, nous, on a hâte que ça se finisse », a exprimé M. Dalpé. Il a mentionné qu’un échéancier précis et des devis seraient utiles pour tous afin de suivre l’évolution du projet et de prévenir les problèmes.
Liza Marot-Bozza, ingénieure et agronome chez Groupe Pleineterre, a expliqué qu’il était impossible pour le moment de donner des délais de réalisation. « Il y a tellement de variables à contrôler. Le sol qui arrivera doit être analysé. Il faudra ensuite faire une prévérification des analyses de la terre et une analyse sur le terrain. Ce n’est pas possible », a affirmé l’experte mandatée par M. Pépin.
Des inquiétudes bien présentes
La circulation des camions est demeurée au cœur des préoccupations exprimées par les résidents. « Considérant l’échéancier serré, est-il possible de connaître l’horaire de transport des camions? », a demandé M. Dalpé. « Cela se fait en fonction de la possibilité des chantiers », a répondu Mme Marot-Bozza. La fille du demandeur, Jessica Pépin, qui assistait à la réunion, a ajouté que le transport se ferait du lundi au vendredi, de 8 h à 16 h, selon le règlement municipal.
D’autres citoyens ont soulevé des inquiétudes concernant les risques d’accidents dans le secteur, qui, selon eux, est déjà problématique. La directrice générale de la Ville, Mélanie Brisson, a assuré que l’administration municipale demeurerait vigilante pendant toute la durée des travaux. « La Ville restera en mode observation et, advenant des problèmes majeurs, nous ferons le suivi avec le demandeur pour ajouter des mesures d’atténuation ou des signaleurs au besoin », a-t-elle indiqué.


