Sainte-Julie : des parents dévoués pour leurs enfants hockeyeurs
Plusieurs jeunes rêvent de devenir un jour le prochain Nick Suzuki ou Jakub Dobeš. Pour leurs parents, le hockey représente un important investissement et devient un mode de vie.
Lauréanne Breton a trois garçons âgés de 11, 9 et 7 ans. Tous jouent au hockey dans la ligue Hockey Richelieu et rêvent d’en faire une carrière. Pourtant, ni elle ni son conjoint n’étaient de grands amateurs du sport au départ. « Mes deux plus vieux ont voulu s’initier et ils ont eu la piqûre. Puis, le petit dernier a voulu suivre ses frères », raconte la maman.
Depuis, le hockey est devenu une histoire de famille. « Durant les sessions d’hiver, nous n’avons pratiquement pas de vie! On va aux pratiques et aux matchs. On refuse parfois des invitations chez des amis les weekends, car c’est juste impossible à notre horaire. Heureusement, nous développons des amitiés avec d’autres parents d’aréna », explique-t-elle.
Mme Breton raconte qu’il leur est déjà arrivé d’avoir cinq périodes de glace en une journée. « Il n’est pas rare que je parte le matin au boulot avec les trois poches de hockey et une glacière remplie de lunchs pour aller directement à l’aréna après l’école lors d’une pratique. On mange et on fait les devoirs dans ma minivan. Mais ils ont appris la discipline et l’organisation avec cette routine, ce qui est positif. »
Hockey en famille
Même constat du côté de Louis-Philipe Beloin, qui est président de l’Association du hockey mineur de Sainte-Julie (AHMST) depuis un an. « Au départ, moi et ma femme ne voulions pas, car nous savions que c’était demandant. Nous en avions discuté et elle m’avait fait des gros yeux en me disant : « On ne leur parle pas de hockey! » », raconte-t-il en riant.
Tout a changé lorsque le Canadien de Montréal s’est rendu en finale de la Coupe Stanley en 2021. Son garçon aîné, aujourd’hui âgé de 11 ans, a alors voulu commencer le hockey. Son plus jeune frère a rapidement suivi ses « patins ».
Aujourd’hui, le sport occupe une place centrale dans le quotidien familial. « Notre vie tourne autour du hockey durant notre saison, on ne se contera pas de mensonges. La fête de ma mère est en mars et c’est difficile de planifier quelque chose à cause des séries de fin de saison. On ne peut pas prévoir si l’on va continuer ou non! », raconte-t-il.
Les réveils matinaux font également partie de la routine familiale. « Vendredi soir, c’est dodo tôt, car le réveil est à 6 h. Il faut être à l’aréna de bonne heure pour les routines d’avant-match. On est souvent sur place 50 minutes avant le début de la partie », explique-t-il.
Afin de faciliter l’agenda familial, M. Beloin utilise notamment l’application québécoise RétroAction, mise de l’avant par l’Association. Les parents peuvent y consulter les horaires, indiquer les absences et coordonner les activités des équipes.
Des coûts considérables
Au-delà du temps investi, les dépenses liées au hockey peuvent être considérables. Mme Breton estime qu’il en coûte entre 3500 $ et 4000 $ par enfant annuellement. De son côté, M. Beloin avance qu’il doit débourser autour de 6000 $ au total pour la saison de ses gars.
« Plus les catégories d’âge avancent, plus l’inscription est onéreuse. Après ça, il y a les tournois, les hôtels, les repas », explique M. Beloin. Pour un tournoi de deux jours, le père de famille mentionne qu’il peut payer des frais de 450 $ pour l’hôtel et les repas.
Les équipements représentent aussi une dépense considérable. « Mes enfants prennent des patins d’adultes, maintenant, qui sont plus dispendieux que le junior », précise M. Breton. Les bâtons sont souvent à remplacer, indique M. Beloin. « Un bâton de hockey d’entrée de gamme se détaille environ 100 $, mais ça peut aller à plus de 400 $ si l’on va dans du haut de gamme. »
À cela s’ajoutent les ligues privées de printemps après la saison régulière, très populaires chez les jeunes passionnés. « Ça revient à environ 600 $ par joueur pour ma part. Ce sont les parents qui se mobilisent et qui organisent toute l’activité sur une base volontaire » précise-t-il. Il ajoute que plusieurs petites dépenses s’accumulent rapidement au cours d’une saison, notamment l’aiguisage des patins, un coût récurrent pour les familles de hockeyeurs.
Des stratégies pour épargner
Les deux parents consultent régulièrement des sites Internet de vente de matériel sportif usagé afin de réduire les coûts. « Les enfants grandissent tellement vite qu’il faut souvent changer l’équipement. On essaie d’acheter usagé quand c’est possible », mentionne Mme Breton.
M. Beloin dit également profiter des boutiques de liquidation. « J’achète même des grandeurs supérieures en prévision des saisons futures. » Les parents précisent toutefois qu’ils investissent sur de l’équipement neuf dans le cas d’articles liés à la sécurité et à l’hygiène, comme les casques et les supports athlétiques (coquilles).
Une communauté autour des arénas
Selon M. Beloin, le hockey mineur crée une importante solidarité entre les familles. « Il y a des parents qui s’entraident dans le cas d’un enfant malade, par exemple, ou d’un conflit d’horaire », dit-il. Le covoiturage fait d’ailleurs partie des solutions d’organisation.
Les tournois et les ligues printanières deviennent aussi des occasions de socialiser entre parents. « Les parents montent eux-mêmes leurs équipes de printemps et ça amène une énergie le fun. On fait des pique-niques dans les parcs près de l’aréna après les matchs pendant que les enfants jouent ensemble» , raconte-t-il.
Malgré tous ces efforts, M. Beloin ne regrette pas cet investissement. « Je suis prêt à aller partout au Québec pour mes enfants, car je m’accomplis à travers ça. On crée des liens entre les parents et on voit les jeunes grandir ensemble. On se tisse une communauté de familles avec des valeurs et des intérêts communs et on évolue ensemble », conclut-il.
Mme Breton ne changerait rien non plus. « Le hockey a amené la persévérance, la confiance et la discipline à mes garçons, en plus de nous permettre de rencontrer des gens incroyables et dévoués. »


