Sainte-Julie : des vols qui perturbent

Depuis le début des activités de Porter au nouveau terminal du MET – Aéroport métropolitain de Montréal, le 15 juin dernier, la circulation aérienne au-dessus de Sainte-Julie suscite des préoccupations chez certains citoyens. La Ville a fait le point lors du dernier conseil municipal sur ses démarches pour réduire les nuisances sonores des avions dans les secteurs résidentiels.

Lors du conseil municipal du 18 août, le maire de Sainte-Julie, Mario Lemay, a précisé que deux mesures sont actuellement à l’étude. NAV Canada analyse d’abord la possibilité de faire passer les avions à une altitude d’environ 1 700 pieds au-dessus de Sainte-Julie, plutôt que 1 500 pieds actuellement. Selon la Ville, cette augmentation permettrait de réduire le bruit perçu au sol. Si la mesure est approuvée, sa mise en œuvre pourrait se faire dans un délai d’environ neuf mois.

Le « chant de la baleine »

Une autre démarche concerne plus précisément un bruit strident produit lors de l’approche de certains appareils de Porter, surnommé le « chant de la baleine ».

M. Lemay a expliqué que ce bruit est notamment perceptible au moment où les appareils réduisent leur vitesse avant l’atterrissage. « C’est un type d’avion qui est beaucoup moins bruyant, sauf lorsque l’appareil produit le « chant de la baleine », qui dure quelques secondes. Il peut devenir par contre irritant à la longue », a-t-il indiqué. Le maire a d’ailleurs précisé qu’il subissait lui aussi ce désagrément, tout comme le conseiller Christian Huard et des résidents qui se sont plaints à la Ville.

Les appareils concernés sont des Embraer E195-E2. Porter étudie actuellement la possibilité de modifier ses procédures d’approche afin que la réduction de vitesse s’effectue avant que les avions arrivent au-dessus de Sainte-Julie. « Les équipes de Porter analysent la possibilité de modifier la procédure d’atterrissage afin que l’approche à vitesse réduite débute avant le territoire de Sainte-Julie », a expliqué le maire. Selon la Ville, cette mesure pourrait être mise en place dès cet automne.

Éloigner les trajectoires

Plus récemment, Sainte-Julie a été consultée sur les corridors aériens envisagés. La Ville a recommandé que les trajectoires soient situées le plus loin possible des secteurs résidentiels, notamment en longeant davantage l’autoroute 20. Elle a également demandé une augmentation de l’altitude des appareils.

« La Ville de Sainte-Julie comprend que l’augmentation de la circulation aérienne et du bruit au-dessus des secteurs résidentiels puisse être préoccupante pour la qualité de vie des citoyens. Elle est mobilisée sur cet enjeu depuis plusieurs années et poursuit ses représentations auprès des différents intervenants », a répondu la porte-parole de la Ville, Camille Richard.

Une nouvelle rencontre avec NAV Canada et le MET est prévue en septembre. La Ville siège également à la Table de développement du pôle aérospatial de l’aéroport. Le maire a rappelé toutefois que la municipalité ne possède pas elle-même le pouvoir de modifier les trajectoires aériennes. « Une ville n’a pas l’autorité sur un aéroport ni sur des avions. C’est NAV Canada qui détermine les corridors aériens et effectue les études pour les déterminer », a-t-il souligné.

Il estime néanmoins que les différents intervenants se montrent réceptifs aux préoccupations de Sainte-Julie. « Ils travaillent le plus possible à réduire les nuisances sonores. Pour l’instant, je ne peux que saluer leur ouverture pour améliorer la situation, mais un avion, ça reste quand même un avion », a ajouté M. Lemay.

Depuis plusieurs années

Les interventions de Sainte-Julie dans ce dossier remontent à plusieurs années. En 2022, la Ville a mis sur pied un comité de travail composé notamment de citoyens possédant une expertise dans le domaine aérien, dont des pilotes commerciaux et d’anciens contrôleurs aériens.

Avec Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Basile-le-Grand, elle a également déposé un mémoire conjoint appuyé par plus de 800 citoyens. Selon la Ville, ces démarches ont notamment contribué à l’abolition des vols de nuit. Sainte-Julie demande aujourd’hui que cette interdiction soit maintenue.

Malgré les nuisances soulevées avec l’accroissement du trafic aérien, M. Lemay reconnaît également les retombées liées au développement de l’aéroport. « C’est intéressant au niveau du développement économique, c’est indéniable pour la couronne-sud. C’est aussi intéressant pour les gens qui prennent l’avion, a-t-il fait valoir. S’il est possible de réduire le bruit et de le faire de façon sécuritaire pour les passagers et le personnel aérien, je pense que c’est bien de reconsidérer le tout. »

Les citoyens peuvent signaler les événements sonores particuliers sur le site Web du MET. Selon la Ville, cela permet de documenter la situation et d’appuyer ses représentations auprès des différents intervenants.