Sainte-Julie : un ciné-club voit le jour
Ciné Sainte-Julie propose des soirées de projections de films québécois à la salle Maurice-Savaria de l’école secondaire du Grand-Coteau, à Sainte-Julie.
Le projet est l’initiative de Patrice Duchesne, un cinéphile qui gravite dans le milieu artistique depuis plus de 30 ans. « À l’adolescence, mon frère aîné me rédigeait de faux billets d’absence avec l’écriture de notre père pour que je puisse aller voir 50 films au Festival des films du monde au lieu d’aller à mes cours! », se remémore avec amusement le directeur de Ciné Sainte-Julie.
Pendant un an à l’œuvre dans les Laurentides, il a dirigé et programmé le Théâtre du Marais ainsi que son ciné-club à Val-Morin. Les projections qui se déroulaient chaque mercredi soir sont rapidement devenues populaires. « Le Ciné Marais fonctionne très bien là-bas, avec sa salle de 175 places qui affichait complet en soirée, d’où l’idée d’offrir deux représentations. Chaque semaine, ce sont plus de 300 personnes qui assistent aux projections », souligne-t-il.
Travaillant maintenant en Montérégie, le Bouchervillois d’origine a décidé d’importer le concept à Sainte-Julie. « Dans la MRC de Marguerite-D’Youville, on parle de six villes qui n’ont pas de cinéma, dont Sainte-Julie, explique-t-il. D’où le nom de mon organisme, Diffusion D’Youville, qui est né de ce désir de diffuser la culture dans le secteur. »
« Bien souvent, les films québécois ne demeurent pas longtemps au box-office. Le ciné-club permet de leur donner un second souffle financier et de les faire davantage connaître du public. » – Patrice Duchesne
Cinéma plus accessible
Selon M. Duchesne, les cinéphiles de la région doivent souvent se déplacer vers de grands complexes cinématographiques qui ne sont pas nécessairement accessibles à tous. Il a donc approché la Ville de Sainte-Julie, qui lui a accordé une subvention de 8000 $ pour concrétiser son projet.
« Nous avons convenu d’un projet pilote, lancé le 31 mars dernier, incluant quatre films, soit un par mois pour le moment, précise-t-il. À la première représentation, il y avait une cinquantaine de personnes, ce qui est bien, et à la seconde, il y avait plus de monde et je revoyais les mêmes visages. Donc, c’est bon signe! Les commentaires sont positifs. »
Films québécois à l’honneur
Le directeur de Diffusion D’Youville désirait, par ce projet, faire la part belle au cinéma québécois et aux films d’auteur, qui ne bénéficient pas toujours d’une grande visibilité dans les cinémas commerciaux. « Bien souvent, les films québécois ne demeurent pas longtemps au box-office. Le ciné-club permet de leur donner un second souffle et de les faire davantage connaître du public », souligne M. Duchesne.
Lors des projections, il a également voulu ajouter une plus-value en invitant à chaque représentation un acteur ou un réalisateur lié au long métrage présenté. En présence d’un animateur, Daniel Desputeau, le public a pu échanger avec le réalisateur Philippe Falardeau, nommé aux Oscars lors de la projection de son film, Mille secrets, mille dangers, en avril dernier. Le mois suivant, c’est la comédienne Marilyn Castonguay, tête d’affiche du film jeunesse québécois Ma belle-mère est une sorcière, qui était au rendez-vous.
Le film québécois 1995 sera le dernier de la programmation actuelle à être présenté le 16 juin. Les amateurs de la populaire tétralogie composée des films 1981, 1987, 1991 et 1995 pourront possiblement rencontrer l’acteur principal, Jean-Carl Boucher (sa présence restait à confirmer au moment de mettre sous presse).
Un retour espéré
M. Duchesne compte sur le bouche-à-oreille afin que Ciné Sainte-Julie gagne en popularité et revienne l’an prochain. « J’attends un retour de la Ville de Sainte-Julie en juin pour savoir si le projet peut se poursuivre. La Ville a soutenu et montré beaucoup d’enthousiasme à l’endroit de ce projet, alors j’ai bon espoir », annonce-t-il.
Même qu’un deuxième ciné-club pourrait voir le jour à Boucherville, alors que M. Duchesne indiquait, lors de l’entrevue, être en pourparlers avec la Ville.
Les familles bienvenues
Deux représentations sont offertes pour chaque projection, soit à 17 h 30 et à 20 h. « Je voulais permettre aux familles de venir, d’où l’idée de deux représentations », explique le père de deux enfants.
Les tarifs sont de 8 $ pour les étudiants, 9 $ pour les citoyens de Sainte-Julie et 10 $ au tarif régulier. Les billets peuvent être achetés sur place ou en ligne via la plateforme Tuxedo (vente.tuxedobillet.com/). On peut également suivre la programmation et les actualités du Ciné Sainte-Julie sur sa page Facebook.
Aide financière
Rappelons que la Ville de Sainte-Julie a remis, en avril dernier, une subvention de 8 000 $ à l’organisme Diffusion D’Youville dans le cadre de son Fonds culturel. Cette contribution vise à soutenir la diffusion de films à la salle Maurice-Savaria de l’école du Grand-Côteau une fois par mois et à favoriser l’accès à une offre culturelle diversifiée pour les citoyens.

